Pénalités de retard : ce que la loi t'autorise à réclamer
Guides

Pénalités de retard : ce que la loi t'autorise à réclamer

Martin Savart24 juin 20263 min de lecture

Les pénalités de retard, tout le monde les met sur ses factures, personne ne sait vraiment ce qu'elles valent. Pourtant, bien utilisées, elles accélèrent les paiements — et la loi est largement de ton côté. Voici ce qu'elle dit, précisément.

Les délais de paiement légaux entre pros

  • Sans clause particulière : 30 jours après réception de la marchandise ou exécution de la prestation.
  • Si le contrat le prévoit : jusqu'à 60 jours maximum à compter de la date de facture (ou 45 jours fin de mois).
  • Au-delà, la clause est illégale — même signée.

Les pénalités courent toutes seules

C'est le point que presque personne ne connaît : entre professionnels, les pénalités de retard sont exigibles de plein droit, dès le lendemain de l'échéance, sans qu'aucun rappel ni mise en demeure ne soit nécessaire. Tu n'as pas à les « déclencher » : elles existent automatiquement.

Quel taux appliquer ?

  • Le taux prévu dans tes CGV et sur ta facture — librement fixé, mais au minimum 3 fois le taux d'intérêt légal.
  • Si tu n'as rien prévu : le taux de la Banque centrale européenne majoré de 10 points s'applique par défaut. C'est souvent PLUS élevé que ce que les artisans écrivent — parfois, ne rien préciser te protège mieux qu'une clause à 3 fois le taux légal.

L'indemnité forfaitaire de 40 €

En plus des pénalités, chaque facture professionnelle payée en retard ouvre droit à une indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € — par facture, pas par client. Dix factures en retard = 400 €. Et si tes frais réels de recouvrement dépassent 40 € (huissier, société de recouvrement), tu peux demander le complément sur justificatif.

Les mentions obligatoires sur ta facture

Le taux des pénalités de retard ET l'indemnité forfaitaire de 40 € doivent figurer sur tes factures et dans tes CGV. Chaque mention manquante ou inexacte t'expose à une amende fiscale de 15 € par facture — et l'absence de ces clauses peut coûter bien plus cher en cas de contrôle de la DGCCRF.

Et avec un particulier ?

L'indemnité de 40 € et les pénalités « de plein droit » ne s'appliquent qu'entre professionnels. Avec un particulier, il te faut une clause prévue au devis, sinon ce sont les intérêts au taux légal qui courent — seulement après mise en demeure. D'où l'intérêt de soigner tes conditions dès le devis.

Faut-il vraiment les facturer ?

En pratique, la plupart des artisans ne facturent pas les pénalités aux bons clients — et c'est un choix commercial défendable. Mais leur simple présence, bien visible sur la facture, change le comportement de paiement : ta facture passe en haut de la pile. Et face à un mauvais payeur récidiviste, c'est un levier de négociation réel : « réglez le principal sous 8 jours et je renonce aux pénalités ».

Brikz ajoute automatiquement les mentions légales (taux des pénalités, indemnité de 40 €) sur chaque facture, conformément à la réglementation. Tu n'y penses plus, et tu es carré en cas de contrôle.

Prêt à arrêter de faire tes devis le soir ?

15 minutes au téléphone pour voir si Brikz colle à ton activité. Sans engagement, sans carte bancaire.